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Spiruline et VIH-SIDA

Les algues sont utilisées comme remèdes dans le monde entier depuis des milliers d‘années (*241) mais leur exploitation pharmacologique n’est vieille que d’un siècle. Un certain nombre d’antibiotiques a été isolé à partir des algues (*242). Les extraits de plantes contiennent souvent plusieurs composants qui agissent en synergie et permettent d’augmenter cet effet tout en diminuant le risque de résistance. Par ailleurs, certains de ces extraits ont également un effet modulateur sur le système immunitaire, ce qui permet d’augmenter l’effet protecteur contre les virus et les bactéries.

la première étude documentée sur le potentiel des microalgues comme complément alimentaire date des années 1940, avec les descriptions que font deux scientifiques Jorgensen et Convit, de leurs effets bénéfiques sur la lèpre (*243).

En administrant des soupes élaborées à base de concentrés de chlorella à quatre-vingts patients d’une colonie de lépreux au Venezuela, ils constatent une amélioration spectaculaire de leur état. Quarante ans plus tard, des scientifiques japonais découvrent que des extraits de Chlorella administrés à des souris contaminées par la listériose, augmentent considérablement le taux de survie des rongeurs et de leurs défenses immunitaires (244).

La même chlorella donne également d’excellents résultats contre les attaques de la très résistante bactérie Escheerichia coli et du cytomegalovirus (*245). Ces propriétés antivirales,  antibactériennes et antifongiques de la chlorelle se retrouvent également dans des douzaines d’autres microalgues (*246), dont la spiruline ou encore l’Aphanizomenon Flos Aquae. Elles
inhibent la croissance de souches bactériennes de salmonelle (*247). Des chercheurs brésiliens (*248) ont développé un gel microbicide utilisé à titre préventif contre le virus du SIDA à partir d’une substance isolée dans une algue marine (Dictyota pfaffi).

Les vertus de la spiruline contre le SIDA sont reconnues dès 1989. Une publication (*249) de l’US National Cancer Institute annonce que des extraits de cyanobactérie – des sulpholipides – ont été extrêmement efficaces dans les tests de laboratoire contre le virus VIH. D’autres essais cliniques (*250) sur les animaux et les hommes ont confirmé ces découvertes.

En 1996, pendant la 7ème conférence d‘algologie appliquée, des chercheurs du laboratoire de la pathogenèse virale du Dana Farber Cancer Institue, de la faculté de médecine de l’université de Harvard et de l’entreprise Earthrise annoncent que :

– L’extrait aqueux de la spirulina platensis permet d’inhiber la réplication du VIH-1 dans les lymphocytes T d’origine humaine et dans les cellules sanguines mononucléaires périphériques. Une concentration de 5-10 microg/ml permet de réduire la production virale (*251)

En clair, ils expliquent que cinq doses de 10 gr de spiruline ont bloqué le virus VIH-l pendant des tests de laboratoire. Les chercheurs précisent également que des concentrations plus fortes de spiruline ont empêché le virus de se répliquer et l’ont neutralisé sans aucune toxicité pour les cellules humaines.

Quelques mois plus tôt, la même année au Japon, une étude (*252) sur le Calcium spirulan (Ca SP), “Extrait unique à la spiruline” , indique qu’il inhibe la réplication de plusieurs virus à enveloppe, dont le virus herpès simple du type 1, le cytomégalovirus humain, le virus de la rougeole et des oreillons, le virus de la grippe A et le VIH-l (*253). L’étude précise également que pour ces maladies, le processus d’infection commence par un virus qui s’attaque à une cellule en pénétrant sa membrane. Or l’extrait de spiruline, le Ca—SP, empêche de façon sélective le virus de pénétrer cette membrane pour infecter la cellule. Le virus est arrêté, incapable de se répliquer, tout en présentant une grande innocuité pour les cellules humaines.

Les défenses naturelles de l’organisme finissent par l’éliminer. De plus la spiruline complète possède une paroi à membrane souple, sans cellulose, dotée de propriétés immunostimulantes. apte à stimuler les défenses immunitaires déficientes des malades infectés. Il a été constaté une production d’anticorps et une fonction immunitaire accrues chez les animaux qui consommaient des algues bleues (*254). Plusieurs études (*255) ont démontré la capacité de la spiruline à multiplier et activer les macrophages – (du grec makros : grand et phagein: manger) – ces cellulles grosses mangeuses dont le rôle est de phagocyter les débris cellulaires et les agents pathogènes étrangers à l’organisme, ainsi qu’à stimuler production d’anticorps.

Des demandes de brevet, à base d’extraits de spiruline, ont été déposées dans cette optique antirétrovirale contre les VIH1 et VIH2 (*256), à l’instar de celle déposée par Hubert Durand Chastel et Quod Kiet Pham.

La spiruline présente donc un intérêt majeur chez les porteurs du virus VIH, tant par son action sur le virus lui-même, que sur les autres infections virales ou bactériennes présentes chez ces sujets immunitairement déficients. Enfin, en tant que complément alimentaire d‘une particulière richesse. Selon l’OMS (*257), “les carences en micronutriments constituent un problème important pour les personnes vivant avec le VIH. […] un risque accru d’infections opportunistes.” L’OMS recommande donc un régime alimentaire fournissant tout l’éventail des micronutriments essentiels (*258).” L’’effet préventif de la spiruline a également été étudié. 

Les scientifiques américains estiment que la spiruline pourrait devenir la thérapie antirétrovirale hautement active (TARHA) des pauvres (*259).


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